Historique

HISTOIRE DE LA TROUPE E.U. DE MONTAUBAN

 

 

Le scoutisme apparaît en Angleterre en 1907 et s'implante en France en 1911. L'idée est simple, il s'agit de favoriser le développement physique et moral des futurs adultes par la vie au grand air et la vie en collectivité. À cette époque il n'existait aucune activité de loisir pour les jeunes. Les colonies de vacances n'étaient pas encore inventées et le sport ne s'était pas encore popularisé. Il n’existait pour les jeunes que, le travail des champs, les bancs et le tableau noir des écoles. Le scoutisme arrivait à point nommé pour apporter à la jeunesse ce qui lui faisait défaut. 

 

En France, ce sont les U.C.J.G. (Unions Chrétiennes de Jeunes Gens) qui s’intéressèrent en premier au scoutisme. Il s’agissait d’une association de jeunes pour les jeunes, fondée en 1855 par de jeunes protestants qui voulaient faire des activités propres à leur âge et en dehors des institutions ecclésiastiques mais sans pour autant renoncer à une identité spirituelle. Les U.C.J.G. s’intéressèrent très tôt aux activités sportives et contribuèrent à les populariser. Elles se lancèrent aussi dès 1903 dans une activité complètement nouvelle : le camping et l'excursion. Elles s’intéressèrent également aux questions d'éducation quand elles étendirent leurs activités aux adolescents en créant les sections cadettes en 1896. Enfin, quand l'idée du scoutisme passa la Manche, les « Unionistes » se lancèrent avec enthousiasme dans cette nouvelle activité. Elles en avaient les capacités grâce à leur expérience de la pédagogie et du campisme. Elles transformèrent leurs sections cadettes en troupes d’Éclaireurs. C'est ainsi que le mouvement des Éclaireurs Unionistes de France (E.U.F.) se constitua au début de l'année 1911. 15 troupes furent créées cette année-là suivie d'une trentaine l'année suivante.

 

La troupe de Montauban fut fondée le 11 novembre 1913, c'était la 53ème à le faire. Elle fut créée par un jeune homme âgé de 17 ans à peine, mais plein d'ardeur, qui était venu faire ses études de théologie à la faculté de Montauban. Il s'appelait Alfred Casalis. La troupe se développa très vite et pris une extension formidable grâce à l’excellence de son encadrement, composé en grande partie d'étudiants de la faculté protestante de Montauban. C'est pourquoi ni le déclenchement de la première guerre mondiale en août 1914, ni le départ pour le front d'Alfred Casalis n'entama son ascension. En 1916, la troupe de Montauban comptait neuf patrouilles et une soixantaine  d’éclaireurs. Le chef de troupe était alors Pierre Garrisson. Cette année-là, elle eut le double honneur d'avoir la visite du Commissaire National des E.U.F, Jean Beigbeder dit Z'œil de chouette, et de recevoir l’étendard de troupe en présence des autorités civiles et militaires.

En 1919, la faculté de théologie fut déplacée à Montpellier. La troupe perdit son vivier de chefs.  Mais la perte de la faculté pour Montauban fut compensée par la mise en place d'une école protestante, l'institut Jean Calvin. Cet institut fournit à la troupe d'abondantes recrues au point de devoir parfois la dédoubler en troupe I et en troupe II, mais le manque de chefs devint un problème récurent. L'institut fonctionna jusqu'en 1964 et il fut à son tour remplacé par une maison de retraite protestante. C'est dans les locaux de la faculté, puis de l'institut que se trouvait le local de la troupe. C'est à nouveau le aujourd'hui cas puisque la maison de retraite a mis à disposition un local pour la troupe.

 

La troupe posséda son matériel de campement dès 1914 et organisa son premier camp d'été en août 1915. La troupe se rendit à pied à Albi pour camper sur place avec une troupe d'éclaireurs du lieu. Les éclaireurs transportèrent leurs tentes et matériel de cuisine dans une charrette qu'ils tiraient eux-mêmes.

La troupe ne campait pas seulement pendant les beaux jours, mais aussi en plein hiver. Par exemple, elle campa à Caylus à Noël 1915 pour s'exercer au pionnièrisme. Les éclaireurs apprirent à  franchir les cours d'eau à l'aide de câbles.

Jusqu'en 1936, les camps d'été n'étaient pas systématiques parce que les congés payés n'existaient pas encore et parce que la plupart des chefs n'étaient pas de Montauban mais des quatre coins de la France. C'était pour la plupart des étudiants et ils devaient rentrer chez eux quand l'année scolaire s'achevait. Cependant, il y avait toujours moyen de camper avec une troupe voisine ou bien à un camp régional. Par exemple, des éclaireurs de Montauban participèrent aux camps d'été des troupes de Mazamet et de Castres en 1918, 1920 et 1922 et à celui de la troupe de Toulouse en 1923. Ils participèrent aussi aux camps d'été régionaux de 1928 et 1934 par exemple. Certains chefs qui étaient étudiants, comme Joseph Salvané, participèrent dans les années 20 aux camps d'été de Lacanau organisé par la Fédération Française des Associations Chrétiennes d’Étudiants.

Ces premiers camps d'été ne duraient guère plus longtemps qu'une semaine. Ils passèrent à deux semaines en 1936 avec les premiers congés payés. C'est à ce moment-là qu'ils devinrent systématiques. Ce n'est que dans un second temps que la durée des camps d'été passa à trois semaines.

La troupe participa aux camps nationaux E.U.F. de 1936 et 1961 et au camp national des patrouilles libres de 1965. Deux patrouilles participèrent au jamboree de Moisson en 1947. Des camps furent aussi organisés à l'étranger : à Mons, en Belgique, en 1946 et à Hammamet en Tunisie en 1990 avec la troupe E.D.F. de Montauban.

On continua aussi à camper avec d'autres troupes après la seconde guerre mondiale. Toulouse et Castres en 1949 et 1950, Toulouse et Bordeaux en 1959, Rodez, Saverdun, Carcassonne et Pamiers en 1960, Caen en 1987, Rouen et Toulouse en 1988, sept fois avec la troupe de Noisy-le-Grand entre 1997 à 2003 et deux fois avec la troupe de Nogent en 2003 et 2004. La troupe participa aussi aux camps provinciaux Haut-Languedoc de 1950 et 1958.

 

En dehors des camps d'été, l'activité de la troupe se déroulait essentiellement pendant l'année scolaire et il y avait une activité deux à trois fois par semaine. Un seul dimanche par mois était laissé libre. Ces activités étaient la plupart du temps des réunions ou des sorties d'une journée. Les réunions permettaient de s'exercer à la technique scoute, de préparer les camps ou la fête que donnait annuellement la troupe pour financer son camp d'été. Les journées donnaient l'occasion de faire des grands jeux aux abords même de Montauban parce qu'ils n’étaient pas encore urbanisés : aux Chaumes, à Tempé, au Fau, le long du Tescou, à Saint-Martial ou encore aux champs de manœuvres de Montbeton. Avant la seconde guerre mondiale, la troupe ne campaient en principe qu'à l'occasion des fêtes de Toussaint, Pâques et Pentecôte parce que ces fêtes permettaient aux chefs d'avoir deux ou trois jours de libres. La plupart de ces camps se déroulaient sur les causses des gorges de l'Aveyron, entre Montricoux et Saint-Antonin-Noble-Val. Les éclaireurs prenaient alors le petit train qui passait par les gorges de l’Aveyron ou bien le vélo. Dans ce cas, le matériel était traîné sur des carrioles fixées aux vélos. Après guerre la voie de chemin de fer devint l'actuelle D115 et la troupe ne se déplaça plus qu'à vélo. C'est aussi à cet époque-là que la troupe pris l'usage de camper une fois pas mois quelque soit le temps.

 

Au cours de son histoire la troupe se lança dans de multiples activités. La descente de rivière par exemple. En 1925 des éclaireurs eurent l'idée de descendre le Tarn en canoë et l'année suivante la troupe campa dans une île de la Garonne. En 1944, la patrouille des Renards se transforma en patrouille nautique et portait l'uniforme marin. Son embarcation était une gabarre. Elle descendit cette année-là la Garonne pendant toute une semaine entière. En 1947, la patrouille fut sélectionnée pour participer au camp marin du Jamboree qui se tint dans une boucle de la seine. Bien plus tard, en 1988, la troupe fit un camp marin sur la base nautique d'Hourtin. En 1998, les patrouilles des aigles et des renards construisirent des radeaux en rondins et fûts et descendirent l'Aveyron entre Féneyrols et Penne. Mais l'activité la plus usuelle fut la spéléologie. Tout commença en 1914 quand la troupe partit explorer les abris sous-roche de Bruniquel avec le professeur Louis Perrier, l'un des premiers spéléologues français, qui enseignait à la faculté de théologie de Montauban. Dés lors, la troupe partit à l’exploration des grottes des gorges de l'Aveyron. En 1940, l'engouement pour la spéléologie était tel que des Éclaireurs aînés se spécialisèrent dans cette activité et ils furent parrainés par le grand spéléologue Norbert Casteret. La troupe ne cessa d'explorer les grottes pendant toute la durée de son existence.

Signalons enfin que la troupe introduisit le football à Montauban en créant en 1916 le Scouting-Club Montalbanais.

Elle créa et parraina aussi des patrouilles dans d'autres localités comme Nègrepelisse, Caussade, Saint-Antonin-Noble-Val et même Cahors. 

 

Enfin, elle rendit des services signalés : pendant la première guerre mondiale, elle fit ce qu'elle pouvait pour apporter sa contribution. Elle quêtait au profit des soldats ou prenait soin à Noël de décorer les chambres des blessés avec du gui que les éclaireurs allaient couper eux-mêmes. Ils prirent également l'initiative de cultiver des champs pour palier à la pénurie alimentaire. Ils organisèrent aussi des parties de football avec les soldats américains que l'on avait cantonné dans le département. Pendant les grandes inondations de 1930, la troupe fut à pied d’œuvre pour secourir les sinistrés. Pendant la seconde guerre mondiale, les éclaireurs distribuèrent du bois de chauffage aux plus nécessiteux et ils faisaient partie des équipes d'intervention de la sécurité civile. En 1965, ils construisirent un chalet pour un institut d’handicapés. Dans les années 1980, la troupe quêtait au profit des lépreux.

 

Après quelques années d’interruption de toute activité, la troupe Casalis-Salvané, a repris ses activités depuis octobre 2015. L’année 2016-2017 devrait voir s’ouvrir une meute de louvettes et de louveteaux et, qi sait, peut-être une compagnie d’éclaireuses !

 

 

Articlé rédigé par Caribou T.

Date de dernière mise à jour : 01/11/2016